L'Échelle du Paradis sur la façade nord du monastère médiéval de Suceviţa, en Roumanie
Le monastère, cela va de soi, est classé par l'UNESCO : à l'intérieur comme à l'extérieur, il est entièrement couvert, à l'exception du mur occidental, de peintures figurant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, l'intercession de tous les saints et des sujets historiques.
La peinture de Suceviţa n'est pas de la peinture de la Renaissance : elle prolonge la tradition iconographique du byzantin tardif. Par son style, elle diffère radicalement de ce que l'on peignait, cette même année 1585, à Rome ou à Venise. C'est un tout autre monde artistique.
L'« Échelle des vertus » montre comment les pécheurs en dégringolent vers l'enfer, tandis que les justes montent au paradis. La couleur dominante des peintures est le bleu, et la finesse du dessin est invraisemblable : on songe plutôt à des miniatures de manuscrits qu'à des fresques.
À tous je souhaite de gravir cette échelle avec prudence, pour ne pas dégringoler par mégarde, et de se souvenir qu'en cas de besoin, il y a tout près des anges pour vous tendre la main.