Les institutions culturelles françaises avaient déjà organisé des ventes de leurs trésors : souvenons-nous de la vente des joyaux de la Couronne en 1887
Les institutions culturelles françaises avaient déjà organisé des ventes de leurs trésors : souvenons-nous de la vente des joyaux de la Couronne en 1887. C'est à la même époque que l'État se défit de nombreux meubles de palais d'une valeur bien réelle, sous prétexte d'une absence d'intérêt historique. Les historiens contemplent avec effroi ces transactions, aussi inopportunes qu'absurdes : le tort qu'elles causèrent aux collections est sans commune mesure avec les sommes qu'elles firent entrer dans les caisses de l'État. Ainsi, les garnitures du Grand Trianon, parties sous le marteau dans les années 1880, durent être remplacées par du mobilier tiré des vieux châteaux de Meudon et de Saint-Cloud, afin de meubler les salles dévastées du palais. En 1881, on vendit la garniture de la mère de Napoléon et le mobilier du salon de sa seconde épouse, Marie-Louise d'Autriche, puis on dispersa le mobilier personnel de Louis-Philippe. Nul doute que la valeur de ces lots est sensiblement supérieure à celle des pièces préparées par le Mobilier national pour la vente aux enchères de septembre. Ce tabouret du cabinet de Marie-Létizia Bonaparte, Madame Mère de l'Empereur, par exemple, fut vendu en 1881 puis racheté, beaucoup plus cher, en 2006 pour Versailles.