vendredi, 2 octobre 2026

Comment une élégante russe espionnait pour le compte de l'Allemagne fasciste ?

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En 1940, la fille du dernier attaché naval de l'Empire russe en Angleterre, l'émigrée blanche russe Anna Volkova-Mouromtseva, fut arrêtée à Londres. On reprochait à Anna Nikolaïevna d'avoir enfreint la loi sur les secrets d'État.

Volkova était une membre active du Right Club, opposée à l'entrée de la Grande-Bretagne dans la Seconde Guerre mondiale, antisémite et partisane du fascisme. Bref, elle espionnait pour l'Allemagne de bon cœur. Elle avait notamment recruté le chiffreur de l'ambassade américaine, lui aussi d'extrême droite et antisémite.

Il faut dire que la biographie de Volkova est des plus singulières. Peu après la révolution, la famille de ce général russe prit la nationalité britannique et ouvrit à South Kensington un salon de thé russe, où se réunit pendant de longues années ce fameux Right Club. Quant à Volkova elle-même, dès les années 1930, elle se mit à voyager assidûment en Allemagne et se lia même d'amitié avec certains fascistes de très haut rang. C'est alors, précisément, qu'elle passa sous la surveillance du MI5 ; ce qui retint tout particulièrement l'attention du contre-espionnage, ce fut l'amitié de l'émigrée russe avec Wallis Simpson, épouse morganatique de l'ancien roi de Grande-Bretagne Édouard VIII.

Qu'est-ce qui liait Simpson à Volkova-Mouromtseva ? Anna Volkova tenait un atelier de mode en vogue et comptait parmi ses amies la bonne moitié des élégantes de Londres. Elle habillait, entre autres, la duchesse de Windsor. L'ampleur de sa carrière dans la mode se mesure ne serait-ce qu'à ceci : en avril 1937, le Vogue publia la photographie d'une des robes d'Anna Volkova, et l'auteur du cliché n'était autre que Cecil Beaton.

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