Quel rapport entre les hommes « sous la pantoufle » et les oiseaux de chasse ?
Le klobouk n'est pas seulement la coiffe monastique : c'est aussi le nom du petit capuchon dont on coiffe les oiseaux de chasse, qui leur couvre entièrement les yeux et en partie les oreilles. Le chaperon sert à apaiser l'oiseau, à le protéger et à l'isoler de tout ce qui pourrait le distraire. On en use pour les autours, les faucons, les gerfauts et les aigles royaux.
L'accoutumance de l'oiseau au chaperon s'appelle en russe « isklobouttchivanié ». Quant au faucon habitué à le porter, il se nomme « podkabloutchnik ». Ainsi, contrairement à l'étymologie populaire, le « podkabloutchnik » n'est pas celui qui « vit sous le talon » (pod kabloukom) : il est celui qui s'est fait au port du klobouk. Quand il le faut, on ôte le chaperon, et l'oiseau, qui retrouve le lien visuel avec le monde, se concentre aussitôt sur la cible qu'attend son maître.
Sur les photos : chaperons d'oiseaux de proie du maître Giancarlo Pirotta, collection du Musée de la Chasse de Paris




