Le portrait de Goethe par Johann Tischbein et la représentation étrange des jambes
Johann Tischbein doit sa renommée en grande partie aux portraits de son ami Johann Wolfgang Goethe. Nous avons sous les yeux l'un des plus célèbres portraits de Goethe, précisément de la main de Tischbein.
Le penseur, campé dans la pose d'un Romain de l'Antiquité, s'est installé sur un obélisque égyptien en ruine, sous un plaid couleur d'ivoire qui rappelle les capes sans manches alors en vogue, dites almaviva et talma.
Une question, à propos des jambes. Pour peu qu'on s'y attarde, on croirait que, sur ce portrait, Goethe a deux jambes gauches. Mais si l'on cesse de scruter pour tenter d'imaginer un homme vivant : regardez, de telles jambes n'existent pas, on dirait qu'elles sont séparées du corps par une route nationale. Plus étrange encore, la jambe sous le plaid, comme sensiblement plus longue que l'autre, disproportionnée, incommensurablement plus longue que ne le permet l'anatomie.
Les historiens de l'art ne s'accordent pas sur la raison de cette bizarrerie. L'audioguide du musée de Francfort explique l'affaire des deux jambes gauches, mais non leur représentation anatomique, par le fait que le portrait aurait été achevé par un élève du peintre, dont la bévue serait restée, on ne sait trop pourquoi, inaperçue.