L'hôtel des monnaies de Chersonèse était une maison d'habitation à moitié remblayée
Une observation intéressante sur les archéologues : tous raffolent de découvrir des monuments d'une importance capitale, uniques, rares, les plus significatifs, etc.
Ce fut le cas du baptistère du prince Vladimir, déjà décrit. On trouve l'ossature d'une église : oui, c'est ici que le prince a été baptisé. On trouve une perle : oui, elle était portée par une dame de qualité, l'une des premières Chersonésiennes. On trouve un dessin sur la paroi d'une citerne à salaisons : l'unique prison souterraine de la côte nord de la mer Noire.
Puis arrive un autre archéologue, qui déclare que la perle provient d'un remblai secondaire de Chersonèse, que le prince pouvait fort bien avoir été baptisé n'importe où, et que les dessins de la citerne n'évoquent nullement une prison.
Semblable déconvenue est survenue à propos du fameux hôtel de la monnaie de Chersonèse. Le rez-de-chaussée et le sous-sol étaient des plus solides et donnaient l'idée d'un édifice d'importance. Dans la pièce d'apparat, on a trouvé des lingots de bronze, dont on aurait pu, en somme, frapper des monnaies. Dans un autre angle du bâtiment, une forge. Eh bien voilà, l'affaire était entendue : l'hôtel de la monnaie était retrouvé.
Jusqu'à ce qu'une autre expédition arrive et déclare : mais c'est une maison d'habitation grecque tout ce qu'il y a de plus typique. Il y en a quatre autres juste à côté. Et dans la ville entière, plus de 100. Voilà pour l'hôtel de la monnaie.
Du reste, la maison est bel et bien grande, 500 mètres carrés. Mais pour l'époque, elle est moyenne, nullement huppée. On l'a dégagée en plein cœur du Chersonèse exploré ; l'Église s'est mise à s'émouvoir et, finalement, la moitié de la maison a été remblayée, au motif qu'il n'y avait pas lieu de fouiller autant.
Les popes, voilà un sujet fort intéressant ; j'écrirai plus tard sur l'activité qu'ils y ont déployée.