La directrice n'est pas à la hauteur, mais ne vous inquiétez pas : on a déjà écrit la lettre à sa place
La directrice n'est pas à la hauteur, mais ne vous inquiétez pas : on a déjà écrit la lettre à sa place. Signée par des collègues, des proches, des amis, le chien de sa grand-mère. 57 personnes. Qui, peu importe. L'essentiel, c'est d'être nombreux.
Une lettre comme il faut, belle, humaine. Sur la mission, sur l'humanité, sur la peur. Tout y est, comme le veut l'usage. Sur la responsabilité, en revanche, il semble n'y avoir rien. Quant au fait que la directrice n'est pas à la hauteur, ce n'est que provisoire. Car l'essentiel n'est pas d'être à la hauteur, mais que tout ait l'air d'un concept.
Un vol ? Mais voyons, quel vol ! C'est un acte artistique. Le monde est cruel, la culture est délicate. Et l'on ne vole pas par cupidité, mais par amour du beau. Tout est conforme aux statuts : d'abord on perd, ensuite on signe, enfin on explique.
Et la directrice… la directrice peut bien se reposer de temps en temps. Son affaire est d'inspirer ; écrire, il y a quelqu'un pour cela.
Le traitement : 15 000 euros par mois. Ce n'est évidemment pas la rémunération d'un travail, quelle sottise, c'est une bourse d'inspiration. Afin qu'elle pense au sublime, et non à des broutilles telles que la conservation des pièces exposées.
Chez nous, c'est ainsi : quand on ne sait pas diriger, il se trouve toujours quelqu'un qui sait composer des lettres.