L'épidémie de peste bubonique à Glasgow en 1900 et une nouvelle enquête sur le rôle des rats
La peste du XXe siècle.
La troisième pandémie s'est déclarée en Asie en 1855 et a emporté des millions de vies ; quelques décennies plus tard, elle a eu des échos en Europe : en 1900, à Glasgow, 48 cas de peste bubonique recensés ont entraîné au moins 16 décès.
À peine quelques années avant ce retour effroyable de la peste, on avait établi que le bacille pesteux se transmettait par les puces des rats ; l'extermination d'une armée entière de rongeurs n'était donc pas seulement une mesure populaire, elle apaisait aussi l'hystérie collective. On tenait pour acquis que la maladie était propagée par des rats venus de Chine à bord des navires : dans les ports, les entrepôts et les caves, on extermina des légions de rongeurs. Côté désinfection, on tenta même de traiter l'argent.
Mais une enquête publiée récemment a réhabilité les rats : les voilà reconnus innocents de la propagation de l'épidémie, la cause en était bien les humains, et c'est le cercle de fréquentation des premières victimes qui a payé : une poissonnière et ses petites-filles, dans l'un des quartiers pauvres les plus peuplés de la ville.