Il y a des maisons isolées, comme un champignon dans une clairière, et des maisons suffisamment éloignées des autres bâtiments, avec des fenêtres et une vue de tous côtés ; si l'on construit quelque chose de neuf à proximité, les fenêtres butent sur un mu
Il y a des maisons dont les murs latéraux étaient aveugles dès l'origine : on avait d'emblée prévu qu'elles se dresseraient accolées à d'autres maisons, d'un côté ou des deux. Même lorsque le bâti était en bois et de faible hauteur, ces maisons étaient nombreuses : entre elles s'élevait un épais mur de brique, le brandmauer (mur coupe-feu), afin qu'en cas d'incendie les flammes ne passent pas d'un édifice à l'autre.
Et il y a des maisons dont le brandmauer ne s'est mis à nu que récemment, parce que l'ancien voisin n'est plus. Ici, sur ce terrain vide à l'angle du Bolchoï et du Maly Kisselny pereoulok, se dressait un superbe immeuble de rapport du magnat du verre Maximilian Franck, construit sur les plans de Kekouchev ; en 2023, ce monument du modern style a été démoli. Chaque fois que je passe devant, je regarde avec tristesse cette brèche béante dans le panorama des Kisselny pereoulki.
Un brandmauer mis à nu rappelle toujours la perte d'un être proche.

