Les « Bergers d'Arcadie » de Nicolas Poussin (1637-1638) dans une publicité pour un parfum masculin de Lolita Lempicka
La première pensée qui vient à la vue de cette affreuse publicité est la suivante : une telle collaboration a-t-elle rapporté au Louvre, où est conservée l'immortelle toile de Poussin, de quoi acquérir pour ses collections un autre tableau du peintre français, apparu récemment en vente aux enchères ?
La seconde : les personnages de ce tableau précisément ne figurent pas pour la première fois dans la réclame et les détournements photographiques ; auparavant, ils contemplaient avec ravissement une Citroën.
Ce qui devrait nous intéresser, c'est l'incompréhension totale du sujet représenté. Certes, ce tableau de Poussin est devenu l'un des plus reconnaissables de l'histoire de l'art mondial, et même, en grande part, un emblème passé dans le langage courant. Mais il n'en incarne pas moins une énigme sur la mort. Les bergers déchiffrent l'inscription d'un tombeau, qui dit : Et in Arcadia Ego, c'est-à-dire « et en Arcadie, moi, je suis ». Qu'il s'agisse de l'occupant du tombeau ou de la mort elle-même, apparue aux bergers sous les traits idylliques d'une femme, la formule indique que la mort existe aussi dans la bienheureuse Arcadie, séjour paradisiaque.

