L'historien de l'art Anthony Blunt, conservateur de la galerie royale et espion soviétique
1960, de Gaulle à l'exposition Nicolas Poussin au Louvre, en compagnie du ministre de la Culture André Malraux. L'exposition a été organisée par le spécialiste de Poussin Anthony Blunt (sur la photo avec Élisabeth), homme à la biographie remarquable. Blunt était un cousin au troisième degré de la mère d'Élisabeth II par sa propre mère, cousine germaine du père de la reine consort. La reine elle-même se trouvait donc être la petite-nièce à la mode de Bretagne de sir Anthony, et c'est tout naturellement qu'elle l'invita en 1945, alors conseiller de George VI, à devenir le conservateur de sa galerie de tableaux. Chevalier, titulaire de nombreux ordres, professeur à l'université de Londres, historien de l'art éminent, Blunt fut aussi, entre autres, un espion soviétique (dès 1937) et collabora activement avec les services secrets de l'URSS jusqu'en 1951. Treize ans plus tard, il écrivit au MI5 une lettre de repentir et obtint l'immunité en échange de la révélation des détails de son activité. L'Angleterre apprit la vérité sur l'espion titré en 1979, lorsque Thatcher en fit l'annonce à la tribune du Parlement. On le dépouilla de sa chevalerie, mais on le laissa professeur : il continua d'écrire et de faire de la recherche.
