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# Le Musée de l'impressionnisme russe consacre une exposition à « La Capitale et le Domaine », l'un des premiers magazines de papier glacé de la Russie d'avant la révolution, paru en 1913
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- Published: 2024-08-27T15:44:58.000Z
- Updated: 2026-10-01T05:54:49.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Archives, Art, Moscou, Musées, Personnalités

Le Musée de l'impressionnisme russe consacre une exposition à « La Capitale et le Domaine », l'un des premiers magazines de papier glacé de la Russie d'avant la révolution, paru en 1913\. L'exposition rassemble des tableaux issus de 44 musées et de 14 collections privées, qui soit parurent dans les pages de la revue, soit furent commentés par ses critiques. Une place particulière revient à « Au café parisien » de Boris Grigoriev, de sa série parisienne, aux « Marchandes » d'Alexandre Makovski, parées de leurs bigarrures traditionnelles, au « Rayon de soleil » d'Ekaterina Goldinger, aux « Réservoirs de pétrole » d'Anna Ostroumova-Lebedeva.

On voudrait attirer à part l'attention sur la personnalité de l'éditeur de « La Capitale et le Domaine », Vladimir Pimenovitch Krymov, peu éclairée par l'exposition, mais fort intéressante. Krymov était issu d'une pauvre famille de vieux-croyants. Dès l'enfance, il résolut de s'enrichir, et s'enrichit, comme il le racontait lui-même dans sa vieillesse, sans trop faire le délicat. L'esprit commercial marqua jusqu'à la structure de la revue : même un lecteur d'aujourd'hui s'étonnerait du nombre d'annonces publicitaires qu'elle contenait. Krymov s'enthousiasmait pour les idées de Nietzsche, écrivait des nouvelles, voyageait et faisait du commerce : « À Pétersbourg, avant la révolution, j'étais un homme assez en vue et, malgré ma basse extraction… j'étais chez moi dans les plus hautes sphères, sans nullement les aimer, mais en m'efforçant de connaître cette vie, disparue à jamais. »

Dans les pages de son « Journal du grand monde », Krymov voulait voir « uniquement des auteurs aux grands noms, ou du moins pourvus de titres ! » L'écrivain Roman Goul se souvenait de Krymov en ces termes : « Intelligent, sec, parfaitement indifférent aux gens, sans aucune sentimentalité, rien que l'homme d'affaires, et le but des "affaires" était l'argent. »

Après la révolution de Février, Krymov transféra ses capitaux en Suède, partit en avril 1917 avec son épouse pour un tour du monde par le Japon et, au début de 1921, s'installa à Berlin. Il quitta l'Allemagne en 1933, après une perquisition nocturne de la Gestapo dans sa villa : l'épouse de Krymov, Berta Vladimirovna Loviannova, était juive. D'Allemagne il gagna la France et acheta, dans la banlieue de Paris, une villa ayant appartenu naguère à Mata Hari.

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