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# En 1879, l'unique fils légitime de l'ancien empereur des Français Napoléon III, Louis-Napoléon, plus souvent appelé en Russie Napoléon-Eugène, fut tué par des guerriers zoulous ; désarçonné par son cheval et abandonné par l'escorte qui avait détalé…
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- Published: 2021-06-03T08:38:47.000Z
- Updated: 2026-10-01T06:03:20.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Monarchies, Société, Personnalités

Les circonstances de sa mort demeurent assez obscures : selon certaines sources, des tireurs britanniques, affectés au prince en guise de garde, se trouvaient non loin, mais n'ouvrirent pas le feu sur les Zoulous, armés de sagaies et dépourvus de toute armure. La reconnaissance à laquelle il participait était pourtant jugée sans danger, ces territoires ayant été nettoyés auparavant ; et jusque-là, le commandant en chef lord Chelmsford n'avait jamais permis à Napoléon-Eugène de se retrouver dans des situations périlleuses et, à vrai dire, de faire la guerre : pourvu qu'il n'arrive rien.

La mort de l'héritier, âgé de 22 ans, porta un coup sévère aux chances d'une restauration bonapartiste.

Après la guerre, le roi des Zoulous écrivit à l'impératrice Eugénie une lettre de condoléances, l'assurant de la bravoure de son fils, qui s'était battu jusqu'au bout dans un combat inégal, et que si ses guerriers avaient su qui ils avaient devant eux, ils l'auraient capturé vivant. On écrit parfois, cependant, que le lieutenant Bonaparte s'était engagé dans l'armée britannique précisément pour échapper à l'emprise maternelle.

Mais la version officielle veut que Louis-Napoléon ait souhaité servir dans l'armée britannique pour acquérir de l'expérience militaire, et il devint ainsi le premier des Bonaparte à tomber au combat, fût-ce sous un uniforme étranger. Il prolongeait du reste une étrange régularité : ni Napoléon Ier ni Napoléon III ne moururent ni ne furent enterrés sous l'uniforme français, le premier ayant revêtu le blanc autrichien, le troisième le rouge anglais.

Il ne faut pourtant pas voir une ironie du sort dans le fait que l'héritier des Bonaparte soit mort en combattant pour l'Angleterre : sous le règne de Napoléon III, un rapprochement durable s'était opéré entre la France et l'Angleterre, et presque toute sa vie, sur le trône comme en exil, les sentiments pronapoléoniens prospérèrent en Grande-Bretagne ; en somme, les Anglais n'étaient plus les ennemis des Français ni des Bonaparte.

Et oui, bien sûr, tout aurait pu se passer autrement s'il avait écouté les paroles de son grand-oncle : ne jamais se fier à Albion…