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# Légendes de sainte Wilgefortis et origine de l'image de la vierge barbue
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- Published: 2017-02-24T18:09:30.000Z
- Updated: 2026-10-02T19:06:14.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Foi, Art, Mœurs

Il existe deux légendes sur la vénérée Vierge forte (Virgo fortis), dont l'une raconte l'histoire d'une fille du roi du Portugal (l'une des neuf), au VIIIe siècle, qui avait fait en secret vœu de chasteté et priait pour que le mariage projeté par son père avec un païen n'eût pas lieu. Exauçant les prières de la princesse, le ciel lui fit pousser une barbe. Et le père, courroucé, ordonna d'exécuter la vierge barbue.

L'autre récit parle lui aussi de neuf sœurs, que leur mère remettait à sa servante pour qu'elle les noie dès leur naissance. La mère craignait que ces filles n'inspirent à son époux des soupçons sur son infidélité. Mais la servante sauvait les nourrissons, et deux des fillettes furent baptisées et grandirent, puis furent mises à mort pour avoir refusé de vénérer les dieux romains.

Quoi qu'il en soit, les deux légendes mettent en scène des parents passablement déjantés, dont l'arbitraire a coûté la vie à leurs enfants. Wilgefortis a bel et bien été canonisée et elle est fêtée le 20 juillet.

Selon une hypothèse, les vies de saints remonteraient au mythe antique de l'hermaphrodite. Cela paraît toutefois peu probable, car ces vies apparaissent à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle autour d'un crucifix déjà existant, représentant un homme barbu vêtu d'une robe.

Les encyclopédistes catholiques estiment que l'image de la vierge barbue est née à l'origine d'une interprétation erronée de l'image du Sauveur en tunique et couronné, conservée à l'archidiocèse de Lucques, en Italie centrale. Le Christ crucifié de la basilique de Lucques a en effet un aspect assez féminin. En son temps, l'œuvre de Nicodème fut maintes fois copiée, mais à partir du XIe siècle cette image de Jésus cessa d'être canonique et, comme nous le voyons, reçut une tout autre interprétation.