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# L'étrange aspect des éléphants dans le tableau de Giambattista Tiepolo «Le Triomphe de Manius Curius Dentatus» de l'Ermitage s'explique par le fait que le peintre n'avait jamais vu cet animal et le représentait d'après des descriptions écrites et des réci
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- Published: 2023-10-04T07:47:01.000Z
- Updated: 2026-10-01T05:57:55.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Art, Musées, Rome, Saint-Pétersbourg

L'étrange aspect des éléphants dans le tableau de Giambattista Tiepolo «Le Triomphe de Manius Curius Dentatus» de l'Ermitage s'explique par le fait que le peintre n'avait jamais vu cet animal et le représentait d'après des descriptions écrites et des récits de témoins oculaires. Compte tenu de cela, on peut tenir les éléphants pour tout à fait réussis.

Les Romains eux-mêmes, lorsqu'ils virent des éléphants pour la première fois pendant la bataille contre Pyrrhus, les prirent tout bonnement pour d'énormes bœufs. Après la défaite de Pyrrhus, le consul Curius Dentatus obtint du Sénat le droit de célébrer à Rome un triomphe, où il exhiba quatre éléphants pris à l'ennemi. Avec le temps, les guerres contre Carthage firent connaître à Rome des éléphants de meilleure qualité: après la bataille de Panormos, plus de cent bêtes furent capturées et transportées sur des radeaux faits de tonneaux, mais, faute d'emploi pour ces animaux, on les massacra simplement au cirque pour le divertissement du public.

Il fallut à Rome des décennies pour apprendre à employer les éléphants au combat. Les éléphants de guerre nord-africains de Rome apparaissent en 198 av. J.-C. dans les batailles contre Philippe V de Macédoine. Il s'agit de quelques dizaines de bêtes qui, parfois, n'étaient même pas engagées. Des éléphants plus grands, indiens, apparaissent dans l'armée romaine à l'époque de la troisième guerre de Macédoine.

Marcius Philippus fit franchir les montagnes aux éléphants romains, Paul Émile envoya les siens piétiner les Macédoniens qui cherchaient leur salut dans la rivière. On employa constamment les éléphants dans les guerres d'Espagne, dans la guerre contre Carthage et contre les Gaulois, et, une fois, même en Bretagne: on sait, il est vrai, qu'il n'y eut qu'un seul éléphant, portant sur le dos une tour pour les archers, mais cela suffit pour forcer le passage de la rivière et contraindre l'adversaire à battre en retraite.