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# La dot dans l’ancienne Russie et « Réception de la dot selon l’inventaire » de Poukirev
- URL: https://theparnassian.com/fr/priem-pridanogo-po-rospisi-vasilii-pukirev-1873-god/
- Published: 2023-08-11T20:37:15.000Z
- Updated: 2026-10-02T18:49:39.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Art, Moscou, Musées, Mœurs, Ethnographie

La Réception de la dot selon l'inventaire, Vassili Poukirev, 1873\. Collection de la galerie Tretiakov.

Dénicher la fiancée sur ce tableau n'a rien d'aisé : toute l'attention est captée par les objets. La dot, que le lexique de nos grand-mères connaissait encore, avait autrefois moins une valeur sentimentale qu'une portée purement pratique et matérielle. Bien souvent, les mariages des gens du commun se nouaient par accord entre les familles, qui misaient précisément sur le profit patrimonial.

Pouvez-vous imaginer ce que ressent la jeune fille dont toute la famille vide les coffres de ses modestes richesses, coupons d'étoffe et robes, sous les yeux d'étrangers ?

Au premier plan, nous voyons le commis, qui tient entre ses mains la liste des effets composant la dot et en vérifie le nombre et la qualité. À l'arrière-plan, la parenté du fiancé et, selon toute apparence, le fiancé lui-même, qui toisent avec hauteur cette scène de foire.

Si la dot ne répondait pas aux attentes des parents du fiancé, dans la maison desquels emménageait la mariée, les noces pouvaient tout bonnement ne pas avoir lieu.

La dot avait pourtant un autre versant, plus agréable. Elle demeurait cette part du patrimoine familial dont la femme pouvait disposer en toute indépendance, sans demander la permission de son mari.

Selon l'aisance de la famille, la dot comprenait non seulement des vêtements et de la literie, avec de précieux édredons de duvet, des matelas de plumes et des oreillers, mais aussi des icônes, des meubles, des rouets, des ustensiles de cuisine, des bijoux, de l'argent, des terres et des maisons. Avant le mariage, on dressait un inventaire détaillé de la dot, avec le prix de chaque article. C'est précisément ce que vérifie le commis : ce qui figure sur la liste correspond-il à la réalité, et l'estimation est-elle juste ?

Si la femme quittait son mari, ou si le mari l'abandonnait, elle pouvait reprendre tous ses biens selon l'inventaire de la dot ou en recevoir l'équivalent en argent. En cas de décès du mari, la femme pouvait également recevoir, outre la part de la veuve, ses biens d'avant le mariage. En cas de décès de l'épouse, la dot revenait à ses parents ou passait à ses enfants.