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# Retrait des pièces de la circulation et change à taux défavorable dans l'Europe médiévale
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- Published: 2025-01-04T16:11:50.000Z
- Updated: 2026-10-02T18:47:30.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Science, Société

Le droit d'émettre la monnaie a de tout temps été source de revenus colossaux pour ceux qui le détenaient, et d'une injustice inouïe pour tous les autres.

Dans l'Europe médiévale existait une pratique : le retrait des pièces de la circulation. Elle se renouvelait sans cesse, parfois deux fois par an. Les gens étaient tenus de rendre leurs vieilles pièces et d'en recevoir de nouvelles, mais l'échange ne se faisait pas au taux qui paraîtrait normal, de 1 pour 1, plutôt, disons, de 12 pour 9\. Contre 12 vieilles pièces, on vous en donnait 9 neuves, en tout point identiques : même poids, même valeur faciale, même titre, avec seulement une nouvelle légende ou une nouvelle effigie. Les 3 pièces restantes demeuraient dans la poche du seigneur qui détenait le droit de battre monnaie.

Dès le XIIe siècle, en Allemagne, le droit de frappe n'appartenait plus seulement aux monastères et aux grands seigneurs ecclésiastiques et laïcs, mais aussi à des seigneurs moyens et même assez modestes. Et chacun d'eux avait le droit de rappeler à tout moment les pièces sorties de son atelier monétaire et de fixer lui-même le taux d'échange des anciennes contre les nouvelles.

Dans tous les lieux publics des villes et des villages étaient affichés ces fameux édits monétaires, annonçant qu'à compter de telle date, telle espèce de pièce était déclarée périmée ou n'aurait plus cours que de façon limitée, par exemple sur des territoires déterminés et pour la valeur nouvellement proclamée. L'édit pouvait aussi interdire purement et simplement d'échanger la pièce visée contre des marchandises ou de s'acquitter des impôts avec elle, contraignant les gens à porter leurs petits sous au seigneur, qui les convertissait en pièces neuves.

Cette monstrueuse pratique de la dévaluation subsistait encore à la fin du XVIIIe siècle, les pièces perdant parfois la moitié de leur valeur, et les retraits touchaient non seulement la monnaie d'argent et d'or, mais même le papier-monnaie. Chaque fois, on avançait des justifications variées, invoquant la circulation de monnaies étrangères ou l'introduction d'une nouvelle monnaie nationale, mais le résultat était toujours le même : les pauvres devenaient plus pauvres encore, et ceux qui détenaient le droit d'émission plus riches, sans le moindre effort.