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# La rencontre à huis clos de Biden avec le pape François et la discussion dans le monde catholique
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- Published: 2021-10-31T15:01:28.000Z
- Updated: 2026-10-02T19:00:29.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Foi, Observations, Société, Rome

La visite de Biden au Vatican, deuxième président catholique de l'histoire des États-Unis, et surtout son entretien privé avec le pape à huis clos ont suscité un débat dans le monde catholique. Mgr Strickland, évêque conservateur américain, est même allé jusqu'à traiter François de serpent ; il est vrai qu'il a depuis effacé l'insulte et présenté ses excuses, mais moi, j'ai tout consigné.

Qu'est-ce donc qui cloche dans cette rencontre ?

Le Vatican assure que le huis clos est la norme pour les audiences du pape avec les chefs d'État. Le public, lui, en est réduit aux conjectures : que s'y est-il passé ? Parmi les principales hypothèses, l'absence de retransmission en direct et l'admission du seul pool de presse ecclésiastique tiendraient à l'état de Biden, qui aurait pu buter sur les mots, s'exprimer de façon confuse, oublier ce qu'il voulait dire, etc. Quant au reportage vidéo présenté au public, il a naturellement été monté avec la bénédiction du Saint-Siège et du bureau présidentiel.

La seconde version, plus scandaleuse, touche à une éventuelle communion et confession de Biden auprès du pape François, lequel n'aurait pas dû donner la communion à un homme, qui plus est d'une telle influence, qui nie publiquement la doctrine de l'Église, notamment en se prononçant pour l'avortement. On peut rappeler la lettre adressée aux évêques par le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi du Vatican, futur pape Benoît XVI, sur le refus de la communion aux personnes qui persistent dans un grave péché public.

Toutefois, s'agissant des injures qui ont plu sur le pape de la part de hauts dignitaires de l'Église, on peut rappeler le canon 1373 : « Celui qui suscite publiquement l'aversion ou la haine contre le Siège apostolique ou l'Ordinaire, ou provoque à la désobéissance contre eux, sera puni d'un interdit ou d'autres peines justes », pouvant aller jusqu'à l'excommunication. En conséquence, on a fait discrètement entendre à Strickland et à ses sympathisants Altman et Allone qu'ils pourraient bien faire connaissance avec les profondeurs de la jungle amazonienne, ou qu'on créerait un archevêché du cercle polaire où il n'y aurait pas d'internet ; et il s'est empressé de présenter ses excuses, avec chaleur, pour une conduite indigne de la dignité chrétienne.

Cela n'a pourtant pas étouffé la voix de ceux qui traitent François et ses cinq prédécesseurs d'usurpateurs, appellent le pape à renoncer au titre de « Vicaire du Christ sur la terre » et se demandent si le fait d'appeler Bergoglio, ou n'importe lequel de ses prédécesseurs de Vatican II, « Vicaire du Christ » ou « pape » n'est pas en soi une incitation à la haine ou à l'hostilité envers le Siège apostolique.

Hélas, toute cette querelle n'a rien de nouveau et témoigne de façon pittoresque du schisme qui divise l'Église catholique, sujet de discussion si fréquent aux États-Unis. Ce n'est pas un hasard si, dans le Synode convoqué par le pape François pour 2021-2023, seuls 62 diocèses sur 192 prennent une part active. Cela ne peut assurément que chagriner et faire réfléchir : une Église catholique et apostolique une peut-elle exister au XXIe siècle, à l'heure de la diffusion instantanée de l'information et de la faculté d'exprimer librement son opinion devant un auditoire illimité ?

Les uns traitent les partisans des réformes pontificales de pharisiens impies, d'autres estiment que François foule aux pieds la foi du Christ, d'autres encore rappellent la formule de Robert Bellarmin, l'accusateur de Giordano Bruno et de Galilée : « L'Église est si attachée au pape que, s'il se trompe, toute l'Église se trompe nécessairement. » Il me semble, à moi, que la possibilité même de débats aussi brûlants sur des sujets théologiques et spirituels signifie qu'en notre temps tout n'est pas encore perdu.