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# Fouille de la princesse d'Oukok en 1983 et débat sur la réinhumation de la momie
- URL: https://theparnassian.com/fr/pochemu-govoriu-uvy/
- Published: 2017-02-15T20:33:55.000Z
- Updated: 2026-10-02T19:09:50.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Archéologie, Observations, Patrimoine, Ethnographie

Pourquoi ce « hélas » ? Parce que l'on voudrait vraiment que le tendre attachement des habitants de l'Altaï à leurs momies natales soit récompensé.

La princesse d'Ukok a été exhumée en 1983 ; son corps s'est remarquablement bien conservé pour son âge de 2500 ans. Elle le doit au fait que le coffre funéraire était littéralement scellé dans la glace, à la base du kourgane, au sommet duquel, soit dit en passant, se trouvait une sépulture plus tardive.

La jeune femme de 25 ans, tatouée, reposait sur le côté ; ses vêtements et ses cheveux étaient bien préservés. On avait enterré avec elle 6 chevaux harnachés. Il est apparu qu'elle était morte d'un cancer du sein.

On dit que le kourgane avait été pillé à plusieurs reprises, mais que les voleurs n'étaient jamais descendus jusqu'à une telle profondeur ; cette fois-ci, c'est l'État qui a creusé : le ministère de la Défense construisait à proximité, la frontière chinoise étant tout de même à deux pas. La chambre funéraire était remplie de glace, qu'il a fallu longuement dégeler. Aujourd'hui encore, la momie est conservée dans un sarcophage réfrigéré spécial.

Le conflit autour de l'extraction de cette relique, comme se sont mis à la nommer les chefs spirituels et communautaires, a éclaté dès les années postsoviétiques. Dans l'Altaï, l'on estime, assez justement à mon sens, que la momie devrait être enterrée de nouveau. Je ne partage pas l'idée que son défaut de repos provoque des cataclysmes ; je pense simplement que les morts ont eux aussi des droits, même s'ils ne peuvent pas les faire valoir. Du reste, la lutte pour la princesse d'Ukok sert périodiquement de prétexte à toutes sortes de campagnes politicardes, ce qui gâte toute l'entreprise.

Les études génétiques ont montré une parenté entre la princesse et certains peuples actuels de l'Altaï. Raison de plus pour eux de se battre avec une vigueur triplée. Les ethnographes, eux, affirment que la jeune femme n'est aucunement une princesse, mais une représentante ordinaire de la classe moyenne : après tout, seulement six chevaux...

Mais le plus fâcheux dans cette histoire, c'est que tout le monde a oublié que, dans les années 1930-1940, d'autres momies avaient été emportées de l'Altaï. Et, qui plus est, celles de personnages bien plus nobles, avec des trésors autrement précieux