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# Sur une photographie publiée par le magazine libanais Jdeed Magazine, la trace d'une frappe aérienne sur Baalbek : une colonne de fumée noire s'élevant derrière les colonnes du temple de Jupiter
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- Published: 2026-03-24T19:06:28.000Z
- Updated: 2026-10-01T05:48:24.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Archéologie, Architecture, Orient, Patrimoine

Sur une photographie publiée par le magazine libanais Jdeed Magazine, la trace d'une frappe aérienne sur Baalbek : une colonne de fumée noire s'élevant derrière les colonnes du temple de Jupiter. C'est la frappe la plus proche du site de toutes celles qui ont été documentées depuis le début de la guerre en cours.

L'agence NNA a fait état, le 23 mars, de frappes dans la région de Baalbek, mais non sur la ville elle-même. À proprement parler, il n'existe aucune information sur une frappe à proximité du temple aujourd'hui ni ces derniers jours, mais la région de Baalbek est visée presque quotidiennement depuis le 2 mars, et cette photographie s'inscrit, en principe, dans le tableau général de ce qui se passe.

Auparavant, les frappes les plus proches du monument avaient été enregistrées à une distance de 500 à 700 mètres. On ne dispose pour l'instant, fort heureusement, d'aucune donnée sur des dégâts subis par le complexe du temple lui-même.

Le temple de Jupiter à Baalbek fut érigé au IIe siècle et passe pour l'un des plus vastes et des mieux conservés parmi les exemples de l'architecture impériale romaine. L'UNESCO a accordé au site le statut de protection renforcée en novembre 2024, ce qui, en théorie, oblige les parties belligérantes à respecter son inviolabilité conformément à la Convention de La Haye de 1954.

La colline de Tell Baalbek, sur laquelle s'élève le temple de Jupiter, porte les marques d'une occupation presque ininterrompue durant les 8 à 9 000 dernières années. Les fouilles menées sous la Grande Cour du temple de Jupiter ont mis au jour des traces d'habitats de l'âge du bronze moyen (1900-1600 av. J.-C.), bâtis par-dessus une couche d'occupation plus ancienne, celle de l'âge du bronze ancien (2900-2300 av. J.-C.).

Le nom même de Baalbek révèle l'identité préromaine du lieu : « Baal » renvoie à la divinité cananéenne et phénicienne, et « bek » provient du mot sémitique signifiant « vallée ». La vallée de Baal : le lieu où les Phéniciens vénéraient les divinités de l'orage, de la fécondité et du soleil. Le centre du complexe fut, à l'origine, le temple d'Astarté, reine des cieux, et de Baal. Mais la partie la plus obscure et la plus controversée de l'histoire de Baalbek est l'énigme du Trilithon. Sous le temple romain lui-même se trouve une massive plate-forme de pierre, antérieure à la construction romaine. Trois des pierres de ces fondations, le fameux Trilithon, comptent parmi les plus grands blocs taillés du monde antique.

On ignore toujours qui a mis en place ces trois célèbres pierres découpées dans le calcaire, longues de plus de 19 mètres, hautes de 4,3 mètres et pesant environ 800 tonnes chacune. Les Phéniciens, quelque culture plus ancienne encore, ou les Romains eux-mêmes, hypothèse la moins probable. Bref, l'édifice conservé en surface, aujourd'hui menacé par les bombardements, n'est pas une construction purement romaine, mais seulement la dernière couche d'une tradition sacrée millénaire, plongeant ses racines dans un culte préhistorique