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# L'autre jour, j'évoquais l'article d'Elle sur l'enfance d'Elizabeth
- URL: https://theparnassian.com/fr/na-dniakh-pisal-pro-tekst-v-elle-o-detstve-elizavety/
- Published: 2022-09-11T19:54:49.000Z
- Updated: 2026-10-01T06:00:20.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Archives, Dans la presse, Londres, Monarchies, Observations, Mœurs

L'autre jour, [j'évoquais](https://theparnassian.com/v-1950-godu-frantsuzskii-ezhenedelnik-elle-vypustil-bolshoi-material-o-detstve-printsess-elizabet-i-margaret-kotoryi-byl-podpisan-imenem-ikh-guvernantki-merion-krouford/?ref=theparnassian.com) l'article d'Elle sur l'enfance d'Elizabeth. Les articles de l'ancienne gouvernante de la famille royale parurent dans diverses publications en Europe et aux États-Unis, et stupéfièrent le public. Les Windsor furent stupéfaits aussi, eux qui n'avaient jamais donné l'autorisation de publier ce texte. La reine, alors encore Elizabeth Bowes-Lyon, avait lu le brouillon envoyé soit par Crawford elle-même, soit par son éditeur, l'avait abondamment commenté et s'était prononcée dans plusieurs lettres contre une telle publication, qui livrait des détails intimes de sa vie avec le roi et de celle des fillettes dont Crawfie était si proche et qui l'aimaient tant ; elle avait qualifié cela de trahison. Crawford n'en fit pas moins paraître non seulement plusieurs articles, mais aussi un livre, « Les Petites Princesses », lui non plus non autorisé. Elle dira plus tard qu'elle n'avait été qu'une marionnette entre les mains des éditeurs.

Dans l'enquête du magazine, une suite de longs articles illustrés de photographies d'enfance, de lettres et de dessins, ce sont les détails de l'aménagement des chambres du duc et de la duchesse, déjà roi et reine au moment de la publication, qui m'ont surpris. Non pas seulement le mobilier, mais, par exemple, la précision que tous les tiroirs étaient éclairés de l'intérieur. Certes, des ampoules à l'intérieur d'une armoire ne pouvaient impressionner qu'une Écossaise de la classe ouvrière dans les années 1930\. Chez nous, il y en avait même dans les meubles de fabrication est-allemande. Ce qui m'a frappé, c'est le fait même de publier, dans les années 1950, la description de la chambre et du lit du roi et de la reine par leur ancienne domestique, qui n'avait d'ailleurs pas manqué de fourrer le nez dans des tiroirs qui n'étaient pas les siens pour y fureter.

Son récit des habitudes domestiques de la famille royale et des relations au sein du foyer est tout aussi troublant. Elle remarque que les York étaient très tendres les uns envers les autres, mais que le reste de la famille demeurait froid. Ce qu'était la froideur, Marion Crawford l'apprit après la parution du texte. La première année, elle ne reçut pas les traditionnels vœux royaux pour Noël, mais ensuite, bien pire : elle ne revit jamais aucun membre de la famille royale, ne reçut d'eux ni lettre, ni carte, ni même une couronne mortuaire. Sur la fin, elle vivait dans une petite maison en bordure de la route de Balmoral, espérant qu'un jour ses anciennes élèves lui rendraient visite. Mais cela n'arriva pas.

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