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# Une semaine de bals à Moscou en janvier 1815, décrite par Sofia Volkova
- URL: https://theparnassian.com/fr/moskovskie-zimnie-sezony-1814-15-godov-byli-iarche-i-nasyshchennee-dovoennykh-sezonov-1810-11-gg/
- Published: 2019-02-17T16:46:48.000Z
- Updated: 2026-10-02T18:56:29.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Archives, Moscou, Observations, Mœurs

Les saisons d'hiver moscovites de 1814-1815 furent plus brillantes et plus riches que celles d'avant-guerre, en 1810-1811\. On le comprend sans peine : les gens étaient épuisés par les épreuves de la guerre, par les ruines, par la morosité générale et par un deuil qui n'en finissait pas. Et, le moment venu, ils revinrent à la vie avec des forces neuves, plus grandes encore.

Sophie Alexandrovna Volkova (née Rimskaïa-Korsakova) décrit une semaine de sa vie, celle du 4 janvier 1815 :

samedi : bal jusqu'à cinq heures du matin chez les Obolensky,  
lundi : bal jusqu'à trois heures chez Galitzine,  
jeudi : bal costumé chez Riabinina,  
samedi : soirée chez les Obolensky,  
dimanche : déjeuner chez le comte Tolstoï, suivi aussitôt de danses,  
dimanche soir : bal chez Galitzine.

« Tous ces bals sont si animés qu'on tourbillonne jusqu'à l'épuisement. Ensuite on reste au lit une demi-journée, rompue de fatigue. » Rien d'étonnant à ce qu'à ce régime il ne restât plus, en février, la moindre trace de l'embonpoint de Volkova : on disait même de son amaigrissement qu'il avait quelque chose de maladif. La princesse Chakhovskaïa tomba malade, elle aussi, de cette gaieté sans fin, et la petite comtesse Bobrinskoy fut menée aux portes de la mort par un rhume attrapé au bal. « Cette année, beaucoup ont payé leurs danses au prix fort », écrit Volkova à Lanskaïa.

La conclusion est simple : dans la vie mondaine, j'ai personnellement beaucoup de retard à rattraper, et de toute urgence. Perdre un peu de poids à force de danser ne ferait en vérité pas de mal, mais me laisser aller comme Chakhovskaïa et Bobrinskoy, assurément, n'est pas nécessaire.