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# Disons, pour le moins, que le peuple et la cour accueillirent avec des sentiments mitigés la nouvelle de la mort de Catherine de Médicis
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- Published: 2019-10-07T13:01:12.000Z
- Updated: 2026-10-01T06:05:49.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Archives, Livres, Monarchies, Mœurs, Personnalités

Disons, pour le moins, que le peuple et la cour accueillirent avec des sentiments mitigés la nouvelle de la mort de Catherine de Médicis. Voici quelques citations savoureuses sur la pauvre vieille.

« Il y en eut qui dirent beaucoup de choses sur sa mort, et même sur le poison. Peut-être que oui, peut-être que non, mais elle mourut et creva de dépit », écrivit le chroniqueur de la vie de cour de Catherine de Médicis, Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme.

« Le corps de la reine fut ouvert sur l'ordre du roi : on trouva un poumon endommagé, gorgé de sang, avec un abcès du côté gauche. Le corps fut embaumé, placé dans un cercueil de plomb, lui-même descendu dans un cercueil de bois. Puis on laissa le peuple accouru voir la reine : on avait revêtu son corps des plus beaux habits d'or qui se trouvèrent au palais, et on l'avait transporté de la chambre à coucher dans la salle d'audience. Nombre de dames en deuil demeuraient auprès du corps, entouré de nombreux cierges, tandis que les pères franciscains récitaient des psaumes toute la nuit », tel est le rapport laissé par le légat du pape.

« Elle avait bien vécu pour une femme ronde et grasse comme elle l'était. Elle avait bon appétit et mangeait à merveille. Mais les Parisiens jugèrent qu'elle avait tout ourdi et donné son consentement à la mort des princes lorrains. On disait que, si l'on amenait son corps à Paris pour l'inhumer à Saint-Denis, dans le magnifique tombeau de la chapelle des Valois qu'elle s'était fait construire de son vivant, pour elle et pour le feu roi son époux, ils la jetteraient à la voirie ou à la rivière », c'est ainsi que l'écrivain mémorialiste Pierre de L'Estoile, auteur des fameux souvenirs sur la vie française du XVIe siècle, décrivit la façon dont fut reçue la mort de la reine.

Ou encore ce propos du prédicateur Guincestre : « Elle a fait beaucoup de bien et de mal. Il est aujourd'hui bien difficile de choisir : l'Église catholique doit-elle prier pour celle qui a si mal vécu et souvent soutenu l'hérésie, et qui, à la fin de sa vie, disait-on, s'était prononcée pour notre juste Union et n'avait pas consenti à la mort de nos bons princes ? C'est pourquoi je vous dirai que si, par hasard, par charité, vous la rappelez dans vos prières, un pater, Dieu tout-puissant, ou un Je vous salue, Marie, Vierge mère de Dieu, cela lui servira comme cela pourra ; je le remets à votre jugement. »

Certains blâmaient le roi pour son indifférence devant la mort de sa mère : « Elle n'avait pas encore rendu le dernier soupir qu'elle n'intéressait déjà pas plus qu'une charogne quelconque. »

Les funérailles de la reine furent décrites dans ses mémoires par Étienne Pasquier : « Il est vrai que le corps était mal embaumé, et que, au bout de quelques jours, il commença à exhaler une mauvaise odeur ; quand le roi fut parti, il fallut l'enterrer au milieu de la nuit ; non sous des voûtes, il n'y en avait point, mais directement en terre, comme le dernier d'entre nous autres mortels ; et même en un endroit de l'église où rien n'indique qu'elle repose. »