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# Pour ceux que mes travaux scientifiques n'ont pas encore lassés, deux articles récents et fort intéressants sur mon sujet
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- Published: 2026-07-11T18:31:14.000Z
- Updated: 2026-10-01T05:47:30.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Archéologie, Observations, Science, Paléontologie

Pour ceux que mes travaux scientifiques n'ont pas encore lassés, deux articles récents et fort intéressants sur mon sujet. Dans le premier, signé Ben Potter, on affirme que les Paléoindiens étaient des spécialistes de la mégafaune et suivaient les mammouths de l'Alaska jusqu'en Patagonie. Rien de franchement sensationnel là-dedans.

Mais le second article, dû aux sommités que sont Metin Eren, David Meltzer et John Speth, publié d'ailleurs le même jour, soutient qu'il n'existe en réalité aucune preuve de chasse sur aucun des quinze sites où des pointes de Clovis gisent à côté d'ossements de proboscidiens.

L'argument est simple : pas une seule pointe n'a été retrouvée fichée dans un os de mammouth. Or les traces laissées sur les os par le dépeçage et celles laissées par la chasse sont pratiquement impossibles à distinguer. Si l'on se représente la taille de la carcasse d'un mammouth, on comprend que, tué par des hommes ou trouvé par eux déjà mort dans la toundra, un pareil colosse nourrit toute la tribu pendant un mois. Mais les auteurs rappellent ensuite l'une des trouvailles majeures pour toute la théorie du peuplement clovien, l'« enfant d'Anzick ». Les isotopes de ses os ont révélé une teneur monstrueuse en azote : la mère de ce petit de dix-huit mois se nourrissait comme un prédateur de sommet de chaîne. À ce propos, Eren observe que l'homme ne digère pas autant de protéines, et propose une source hypothétique : les larves de mouches sur les charognes, où la quantité d'azote est précisément celle qu'il faut.

Il en ressortirait que les découvreurs du continent américain ne suivaient peut-être nullement les mammouths parce qu'ils les chassaient, mais se spécialisaient dans la consommation d'asticots prélevés sur la chair en décomposition des représentants de la mégafaune pléistocène. Cela ne diminue en rien la portée de leur exploit de pionniers, c'est simplement une nouvelle idée de leur régime, qui fera, bien sûr, moins bel effet dans les dioramas des musées.