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# Alexandre Galitch, «Ronde de nuit», sur un défilé de monuments et un généralissime de bronze
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- Published: 2024-03-31T09:02:16.000Z
- Updated: 2026-10-02T18:47:35.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Livres, Société, Humour

Quand les fêtes s'éteignent dans la ville,  
Quand dorment les pécheurs et les justes,  
Les réserves d'État  
Quittent doucement les monuments.  
Des centaines de milliers (tous semblables)  
Suivent le long du sentier de lune,  
Et les passants fortuits  
Font des culbutes dans l'« ambulance »  
Et les tambours battent !…  
Les tambours battent,  
Battent, battent, battent !  
Au cadran, le balancier se fige,  
Les aiguilles s'arrachent pour courir en arrière :  
Un monument solitaire marche,  
Répété mille fois.  
Tantôt il est de bronze, tantôt de marbre,  
Tantôt avec une pipe, tantôt sans pipe,  
Et derrière lui, comme des moutons sur la mer,  
Trottent des troncs de plâtre.  
Et les tambours battent !…  
Les tambours battent,  
Battent, battent, battent !  
J'ouvrirai la fenêtre, je me pencherai,  
Un frisson me transpercera, comme à cent degrés Celsius !  
Je vois : un généralissime de bronze  
Mène une procession de bouffons !  
Il monte sur le lieu du supplice,  
Génie de tous les temps et de tous les peuples !  
Et, comme au bon vieux temps,  
Il passe en revue le défilé des monstres !  
Et les tambours battent !…  
Les tambours battent,  
Battent, battent, battent !  
Elle avance en muraille devant notre maison,  
La pacotille oubliée dans un coin par la femme de ménage :  
Voici une botte qui martèle le pas,  
Voici une moustache cassée qui se hérisse !  
Pour l'instant, ils n'ont qu'à grincer et à maugréer,  
Et à laisser des traces qui déteignent,  
Mais même le bouton est sûr  
Qu'il pourra encore servir à l'occasion !  
Et les tambours battent !…  
Les tambours battent,  
Battent, battent, battent !  
Le matin de notre patrie est rose,  
Les indicatifs volent en piaillant.  
Le bronze rentre chez lui,  
Mais les plâtres gisent, tapis.  
Même si on les a mutilés pour un temps,  
Dans la poussière ils gardent leur visage.  
Qu'ils aient, ces plâtres, de la chair humaine,  
Et ils retrouveront leur grandeur !  
Et les tambours battent !…  
Les tambours battent,  
Battent, battent, battent !

*Traduction littérale*

*Alexandre Galitch, « La Ronde de nuit »*