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# Comme promis, je reviens au compte rendu des expositions de mode parisiennes de la saison
- URL: https://theparnassian.com/fr/kak-i-obeshchal-vozvrashchaius-k-otchetu-o-parizhskikh-modnykh-vystavkakh-etogo-sezona/
- Published: 2025-08-19T12:29:26.000Z
- Updated: 2026-10-01T05:50:59.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Art, Musées, Observations, Paris, Personnalités, Culture pop, Reportage

Comme je l'avais [promis](https://theparnassian.com/zavtra-u-nas-traditsionnaia-podborka-novykh-muzeinykh-i-galereinykh-vystavok-moskvy-a-segodnia-predlagaiu-sokhranit-marshrut-po-modnym-vystavkam-kotorye-seichas-idut-v-parizhe/?ref=theparnassian.com), je reviens au compte rendu des expositions de mode parisiennes de la saison. La grande rétrospective consacrée à Paul Poiret intéressera non seulement les amateurs d'histoire du costume, mais aussi tous ceux que la mode et le style passionnent. L'exposition du Musée des Arts décoratifs de Paris montre Poiret en révolutionnaire de la mode et en « roi de l'image ».

Certains se souviendront peut-être de l'exposition Paul Poiret présentée aux Musées du Kremlin de Moscou en 2011 ; elle était, me semble-t-il, elle aussi fort représentative et variée, mais la différence avec l'exposition parisienne tient sans doute à ceci : on y voit les modèles de Paul Poiret eux-mêmes, appuyés sur une base biographique traditionnellement solide, mais aussi toute l'époque, soit, pour l'essentiel, trois ou quatre décennies au cours desquelles la mode a définitivement congédié les corsets, les jupes bouffantes, les tournures et autres « caricatures de la beauté fastueuse », comme disait Verlaine.

On peut voir comment, grâce notamment à l'intuition et aux visions de Poiret, ce grand bond en avant s'est accompli. Mais Poiret s'est rendu célèbre non seulement par son rejet du corset, mais aussi, par exemple, par l'organisation de fêtes légendaires, dont la fameuse soirée intitulée « La Mille et Deuxième Nuit ».

Avant de devenir le « Roi de la mode » ou « Le Magnifique », comme l'appelaient ses contemporains, Poiret a expérimenté avec le crayon et le papier. Les commissaires montrent, à travers des esquisses et de véritables patrons, le cheminement de l'imagination du maître, qui avait compris dès son plus jeune âge la force de l'image, non seulement comme présentation de silhouettes, mais aussi comme fondement de la création d'un univers entier autour de soi. J'ai des amis designers, et en parcourant l'exposition, je me rappelais à chaque pas comment ils parlaient de leurs illuminations et de leurs recherches. Bien sûr, en fils de marchands de tissus parisiens, Poiret a fait très tôt connaissance avec les plus beaux spécimens de la mode et de l'industrie vestimentaire de son temps, et le fait que les coupons et les chutes d'étoffe historiques présentés à l'exposition étonnent encore aujourd'hui permet de comprendre d'où venaient ce regard exercé, ce formidable appétit pour les textures somptueuses et les motifs les plus variés.

Poiret apparaît non seulement en couturier novateur, mais aussi en artiste, en architecte visuel de son propre style. On sait beaucoup de choses sur la diversité de son talent. J'ai [publié](https://theparnassian.com/komod-sozdannyi-dekoratorom-andre-gultom-vmeste-s-ego-shurinom-polem-puare-v-1935-godu/?ref=theparnassian.com) récemment la photo d'une commode qu'il avait conçue ; au musée, on peut voir, par exemple, ses flacons de parfum extravagants en verre coloré. Il faut dire qu'il avait débuté sa carrière de créateur dans un atelier de fabrication de parapluies, où son père l'avait envoyé dès la sortie de l'école afin qu'il apprenne un métier et sache faire quelque chose de ses mains.

La rétrospective montre comment Poiret, dans sa prime jeunesse, prend conscience de la force des arts visuels, de la capacité à transmettre une idée par le dessin, puis se met à créer non seulement des vêtements, mais une image entièrement composée et une atmosphère autour de ses collections. Et si, avant de venir au musée, vous ignoriez que Poiret ne se contentait pas de dessiner des esquisses, mais fut l'un des créateurs du code visuel de son époque, après avoir étudié attentivement quelques vitrines, vous pourrez vous figurer à quel moment exactement est apparue l'idée de la mode comme fête de l'imagination.

Ce qui m'a plu, ce ne sont pas seulement les très belles robes et les pièces uniques, qu'on ne pourrait guère voir ailleurs, mais aussi le fait que l'exposition révèle Paul Poiret sous un jour peu connu : celui d'un artiste qui créait consciemment non seulement des silhouettes, mais un monde visuel cohérent de la mode, mettant l'accent à la fois sur le vêtement et sur l'art de le présenter, pour devenir finalement l'un des créateurs les plus influents de la culture de son temps.

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