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# Les portraits de présidents dans le Bureau ovale et le choix d'Andrew Jackson par Trump
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- Published: 2024-06-07T13:11:35.000Z
- Updated: 2026-10-02T18:46:40.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Art, Mœurs, Société

Il existe aux États-Unis une tradition de dialogue ostentatoire entre les présidents et leurs prédécesseurs, par le recours à leurs images historiques ou aux tendances propres à leur époque. Chaque nouveau président remanie le Bureau ovale, y ajoute quelques détails, jusqu'à changer la couleur du tapis, mais énonce surtout, par le truchement des œuvres d'art, une sorte de programme de sa future présidence. Tout le monde guette le portrait que le nouveau président accrochera dans son bureau, et se demande ce qu'il a bien voulu dire par là.

La tradition est amusante. Du reste, dès la campagne électorale, on voit généralement assez bien vers quelles valeurs penche tel ou tel candidat, et il est douteux que l'accrochage du portrait de l'un des 45 collègues apprenne quoi que ce soit de nouveau sur le fond. Il arrive pourtant des incidents de toutes sortes.

Dwight Eisenhower était un admirateur de George Washington, Lyndon Johnson vouait un culte à Franklin Delano Roosevelt, Clinton a fait allusion à John Kennedy, Obama a préféré parader dans l'ombre d'Abraham Lincoln, quant à Biden, il a carrément réuni tout un jeu de portraits et de bustes en bronze : Franklin Delano Roosevelt, George Washington, Abraham Lincoln, Thomas Jefferson et Alexander Hamilton, Martin Luther King, Robert Kennedy, Harry Truman, Eleanor Roosevelt, ainsi que les militants des droits civiques Rosa Parks et César Chávez.

Quant à Donald Trump, son propos s'est, comme à l'accoutumée, révélé scandaleux. Il a fait accrocher près de lui le portrait d'Andrew Jackson, dont il n'a cessé, tout au long de la campagne, de vanter le nationalisme arrogant et le populisme frondeur, tandis que ses adversaires convenaient de la ressemblance entre Trump et Jackson, mais pour des raisons inverses, condamnant son chauvinisme, sa xénophobie et son fanatisme.

Jackson est ainsi devenu un instrument de propagande au service de conceptions contradictoires de l'héritage historique et du caractère national de l'Amérique. Car, d'un côté, Jackson fut un réformateur politique, un chef à poigne, un représentant du nouvel establishment, qui préserva l'Union, défendit les intérêts des travailleurs et renforça comme nul autre la prospérité des États-Unis. De l'autre, Jackson est resté dans les mémoires comme un isolationniste, un populiste et un misogyne intolérant