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# Et savez-vous ce dont encore si peu de gens parlent ?
- URL: https://theparnassian.com/fr/a-znaete-chto-eshche-malo-kto-obsuzhdaet/
- Published: 2026-02-03T18:16:05.000Z
- Updated: 2026-10-01T05:48:59.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: Science, Éducation, Société, Personnalités

Et savez-vous ce dont encore si peu de gens parlent ? Que le père de la partenaire criminelle d'Epstein, Robert Maxwell, est l'architecte du système de la peer review.

Voyons cela. Un magnat des médias, à propos duquel circulent des allégations fort sérieuses et largement discutées de liens avec le renseignement israélien, ou à tout le moins de relations politiques et d'affaires étroites avec les dirigeants israéliens, propriétaire d'une grande maison d'édition mondiale de revues scientifiques, se trouve aux sources de la transformation du système d'expertise des articles scientifiques en un modèle d'abonnement d'une rentabilité extravagante.

Le système d'évaluation des travaux scientifiques, dans lequel des spécialistes indépendants apprécient la qualité, la nouveauté et la justesse d'une recherche avant sa publication, est censé, en principe, écarter les erreurs et accroître la fiabilité de la science. Cela sonne à merveille. Mais qu'avons-nous en réalité ?

En fait, un tel système ne peut garantir ni l'objectivité ni l'infaillibilité des décisions des comités de rédaction et des rapporteurs. En revanche, il peut multiplier à la chaîne des revues ultra-spécialisées, abaisser la qualité de l'expertise au profit de la rapidité et de la quantité, et encourager l'accroissement du nombre de publications pour faire grimper les classements.

Un commerçant qui se frotte aux cercles para-politiques monétise à marche forcée les travaux académiques, en bâtissant tout un écosystème de sangsues où l'accès aux publications scientifiques se paie. Résultat de ses efforts : les chercheurs en viennent à devenir presque les sectaires de leurs départements, ce qui sert la propagande scientifique. Il en va comme chez les physiciens : You cannot criticize or move away from string theory. Et, au bout du compte, la science mondiale se change en tapis rouge pour le business et les globohomos.

La peer review remplace l'évaluation académique lente et ciblée par une évaluation en flux, extensible et tournée vers le volume. La production de textes scientifiques se transforme en usine à contenu, afin que de gros « généraux » puissent gagner plus encore : plus de revues, plus d'articles, plus de rapporteurs bénévoles, plus d'abonnements. Cependant, les savants écrivent gratuitement, relisent gratuitement, éditent gratuitement, et l'éditeur revend le résultat aux universités pour des milliards.

Autrement dit, un seul bonhomme a créé un colossal mécanisme mondial de légitimation de l'accès payant au texte scientifique, et non de protection et de développement de la science. D'un côté, les critères du succès d'une recherche sont liés à des indicateurs éditoriaux quantitatifs ; de l'autre, l'extension de cette pratique exige un nombre toujours croissant de publications et de textes qui y paraissent, d'où une croissance explosive des publications de pacotille, et parfois de pures recherches factices, ce qui abaisse du même coup le seuil de l'évaluation, sape la confiance dans le champ académique et accroît la superficialité de l'expertise.

Ainsi, une barrière bureaucratique omniprésente, organisée comme une structure commerciale impitoyable, ne se contente pas de tracer les frontières du capitalisme scientifique : elle change le visage de la science mondiale. Par le contrôle de la réputation scientifique des chercheurs, la création d'une dépendance artificielle de leur carrière envers les marques d'édition, le monopole du prestige et, enfin, la soumission de la science à la logique du marché.

Ah oui, le personnage qui a mitonné toute cette bouillie, si l'on en croit la correspondance d'Epstein, *« est mort après une tentative de chantage du Mossad portant sur 400 millions de livres sterling »*.