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# Le 30 septembre, l'Électrothéâtre « Stanislavski » célébrera l'anniversaire de son directeur artistique Boris Iouknanov, disparu il y a un an
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- Published: 2026-09-28T13:02:19.000Z
- Updated: 2026-10-01T05:46:47.000Z
- Author: Alexandr Radayev
- Tags: À venir, Art, Moscou, Personnalités

Le 30 septembre, l'Électrothéâtre « Stanislavski » célébrera l'anniversaire de son directeur artistique Boris Iouknanov, disparu il y a un an. Le programme de la soirée, intitulée « Pique-nique. Requiem », comprend le vernissage d'une exposition, la présentation de la Fondation et du festival « Boris Iouknanov et ses MIRs ». L'an prochain, le festival accueillera Anatoli Vassiliev, figure tutélaire du théâtre. À l'approche de cet événement, le maître de Boris Iouknanov a répondu par un message spécial :

> Iouknanov

> Un jour, dans l'un des théâtres, une première eut lieu. J'étais à cette représentation. Un travail de mise en scène brillant, profond, philosophique, dans l'un de ces théâtres étranges, fantastiques même par leur conception, de notre ville de province. Au banquet qui suivit la première, la troupe des acteurs, nombreuse, avec le personnel technique, s'était rassemblée dans le foyer pour mettre un point final à un voyage qui avait duré près de trois ans. On me donna la parole. Je ne sais pour quelle raison ni ce qui me poussa à prononcer ce court discours, plutôt un discours d'adieu et de bons vœux : était-ce un moment personnel de ma vie, ou bien pressentis-je, dans l'atmosphère de cette soirée, quelque chose de funeste, mais voici ce que je dis :

> — Souvenez-vous de ce moment heureux et peut-être unique de votre vie : vous avez été les acteurs d'un événement artistique auquel vous a conduits votre Maître. Ne l'oubliez pas, car tout peut arriver, et la vie, telle qu'elle va, est capable de piétiner cet instant. Aujourd'hui vous êtes les heureux artisans du beau, mais demain vous pouvez devenir de simples citoyens d'un temps qui s'écoule simplement, et jamais vous ne pourrez revenir dans ce…

> J'ajoutai encore quelques mots d'adieu, j'étais prêt à pleurer, et je scellai mon message involontaire d'un toast sonore. Peu après, je quittai la fête.

> Je ne sais pas bâtir de fables autour de ce qui n'est pas et n'a jamais été ; je préfère les faits et les raisonnements sur les faits de l'art lui-même ou sur ceux du créateur de cet art.

> Boris aimait les fables, il est l'auteur de nombreuses légendes et inventions dont il entourait ses créations ; ses monographies sur ses œuvres scéniques occupent plus d'un rayon dans la bibliothèque du théâtre des mirages. Dans sa dernière grande œuvre, il a créé une ville-mirage, y a installé quatre anges et mis fin à leur hypostase angélique en les condamnant à l'existence. La matière angélique s'est froissée, elle est morte, et il est mort avec son œuvre.

> Pique-nique au bord de la mort. Requiem.

> Boris n'avait pas besoin d'acteurs, il ne savait que faire d'eux ; il lui fallait des performeurs. Il était « sorti » du théâtre d'acteurs, il en était sorti depuis longtemps, dès la fin de l'institut, sorti pour s'installer sur le territoire de la mise en scène angélique libre, dans un espace libéré des canons du théâtre routinier. C'est alors qu'il s'est accompli. Dans son bureau, il gardait sur une étagère le portrait d'Efros, son Maître, et je lui en voulais, sans le lui dire ; j'ai toujours souhaité que mon portrait y figure aussi, à côté. J'étais son guide, je jetais des petits cailloux noués, et il marchait sur eux. Puis Boris apprit bientôt, lui aussi, à ouvrir avec une clé magique les portails vers les mondes des mirages.

> Boris a pris congé d'Efros en élève et en futur créateur d'un théâtre où il ne restait plus rien du style lyrique « soviétique ». Ce qui l'intéressait, c'était la vie de tous les êtres, vivants et morts, réunis, reliés par un cosmos unique où il n'y a ni vivants ni morts, mais seulement des êtres qui existent éternellement.

> **Anatoli Vassiliev, 12.09.2026**

Après la mort de Boris Iouknanov, le metteur en scène Alexeï Guerman fils a rappelé que, dans sa jeunesse, celui-ci persuadait de belles femmes qu'il était un prince venu d'un pays lointain, et que ces femmes le croyaient. La critique de théâtre Marina Davydova citait la formule par laquelle Iouknanov lui-même expliquait son travail : « Le spectacle est déjà en cours, et la pièce n'est pas encore écrite. » Cette méthode, il l'appelait l'art néo-processuel, et il entendait par là un théâtre où le spectacle n'est pas un produit achevé et continue de changer avec ceux qui le font et le regardent.

La soirée commémorative s'achèvera à 19 heures par la projection d'une version courte du dernier spectacle de Boris Iouknanov, « Pique-nique ou Les Contes du vieux corbeau » (« Pik Nik ili Skazki Starogo Vorona »). Détails sur le [site](https://electrotheatre.ru/repertoire/spectacle/1344?ref=theparnassian.com) de l'Électrothéâtre « Stanislavski ».

*Photographie d'auteur inconnu et d'Olimpia Orlova, tirée du spectacle « Pique-nique ou Les Contes du vieux corbeau » (« Pik Nik ili Skazki Starogo Vorona »), utilisée ici.*

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